Anselme de Cantorbéry

Un sceau en cire avec une empreinte d'Anselme, archevêque de Cantorbéry.
Sceau d'Anselme de Cantorbéry contenant l'une des plus anciennes représentations de l'archevêque (British Library, L.F.C. ch. VII. 5)

Biography

Anselme est un moine italien qui devint abbé du Bec en Normandie, puis archevêque de Cantorbéry. Il fut également un philosophe important et un théologien qui jouissait d’un grand respect. Il écrivit de nombreux traités influents, dont deux méditations sur la nature de Dieu, le Monologion (« Monologue ») et le Proslogion (« Discours »), ainsi que Cur Deus Homo (« Pourquoi Dieu s’est fait homme »), un dialogue sur le péché et l’importance de l’expiation dans le christianisme. Son exercice d’archevêque fut marqué par divers conflits avec les rois d’Angleterre Guillaume II le Roux (règne 1087–1100) et Henri Ier Beauclerc (règne 1100–1135) au sujet de l’autorité du pape sur la Couronne d’Angleterre. 

Moine et abbé du Bec

Anselme naît à Aoste, en Italie du Nord, vers 1033. Il quitte son foyer vers 1056 et traverse les Alpes jusqu’en France, voyageant sans but précis pendant trois ans, avant d’atteindre la ville d’Avranches en Normandie. Là, il devient moine et noue des liens d’amitié avec Lanfranc (vers 1010–1089) – italien comme lui –, qu’il aide à diriger son école. Après l’invasion de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, Lanfranc est élu archevêque de Cantorbéry. Anselme qui a entre-temps été nommé prieur de l’abbaye du Bec en Normandie devient abbé du Bec en 1078. Anselme conserve cette charge durant les quinze années suivantes. 

Lorsque Lanfranc meurt en 1089, Guillaume le Roux qui revendique les revenus de Cantorbéry pour la Couronne refuse de désigner son successeur. Mais le roi tombe malade. Pressentant que Dieu le punit ainsi de ses péchés, de son lit, Guillaume offre à Anselme la charge d’archevêque. Mais Anselme ne devient archevêque qu’en 1093. L’histoire rapporte qu’il rejeta violemment cette charge et qu'il fallut lui placer de force la crosse dans la main et le traîner littéralement dans l’église.

Archevêque de Cantorbéry

Le ministère d’Anselme couvre les règnes de Guillaume le Roux et de son jeune frère Henri Ier. Anselme entretient des rapports souvent tumultueux avec les deux rois : les souverains cherchent à mettre la main sur les biens fonciers et les revenus importants de l’Église d’Angleterre, de même qu’ils refusent de reconnaître l’autorité du pape à Rome. De fait, les relations entre la Couronne et l’Église se détériorent au point qu’Anselme est exilé du royaume à deux reprises, de 1097 à 1100 et de 1103 à 1106. Il faut attendre 1107 et la menace de l’archevêque d’excommunier le monarque pour qu’Anselme et le roi Henri Ier se réconcilient et qu’Anselme retourne en Angleterre. Il est alors âgé de plus de soixante-dix ans et meurt deux ans plus tard. 

Correspondance et biographie

Outre ses traités théologiques, Anselme écrivit un grand nombre de lettres et entretint une correspondance régulière avec d’autres personnalités religieuses de toute l’Europe, même durant son exil. Plus de quatre cents lettres de lui sont conservées. Ses recueils épistolaires étaient alors largement diffusés. Sa parole, recueillie par ses secrétaires Eadmer et Alexandre, continua par la suite de circuler au XIIe siècle. Ainsi, Eadmer intégra de nombreuses citations de l’archevêque dans sa Vita Anselmi (« Vie d’Anselme »), une biographie qu’il écrivit plusieurs années avant la mort d’Anselme. 

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Article by:
Samu Niskanen
Themes:
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